Le retour des Guerriers. (300, la Naissance d’un Empire)

Dans un bain de sang, de flammes et d’eau salée.

300 : La Naissance d'un Empire, de Noam Murro, avec Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Rodrigo Santoro, ...

300 : La Naissance d’un Empire, de Noam Murro, avec Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Rodrigo Santoro, …

Après un premier film totalement passé inaperçu en 2009 (Smart People avec Sarah Jessica Parker et Ellen Page) Noam Murro revient sur le devant de la scène avec 300 : La Naissance d’un Empire. Il profite ainsi de la popularité du premier volet réalisé par Zack Snyder et de l’attente des fans pour faire parler de lui et attirer du monde dans les salles.
Dans ce deuxième opus Murro assassine les trois-cent guerriers d’origines et construit donc l’histoire autour de nouveaux personnages. Est-ce aussi efficace que le premier ? La réponse est mitigée.

Tout d’abord il faut applaudir la capacité de Noam Murro à faire une suite qui reste dans la lignée du film de Zack Snyder, dont le style marqué est difficilement égalable. Il prend ici ses repères et suit la ligne directrice de Snyder tout en y appliquant ses codes, et s’appropriant l’histoire. On y retrouve donc tout ce qui fait la richesse des films de Snyder, un univers sombre, à la fois ancré et déconnecté de la réalité. Mais ce lien entre les deux réalisateurs est aussi un piège pour Murro, qui voulant faire trop bien étouffe son film dans une copie du style d’un autre, sans le laisser exister à travers sa propre expression artistique.

Heureusement le film possède d’autres forces, la plus grande : son casting qui ne présente presque aucun manqué. En effet on retrouve Lena Headey en reine Goro, l’épouse de Léonidas, toujours fabuleuse en femme politique émancipée. Dans cet opus nous retrouvons également Xerxès campé par Rodrigo Santoro (Love Actually, Charlie’s Angels, 300) parfait en Roi-Dieu tout puissant, au regard doux, meurtri et innocent. Mais la star du film c’est Eva Green. Juste dans chaque mouvement, folle jusqu’au bout des ongles, elle incarne la vengeance dans tout ce qu’elle a de plus intense. Aussi charismatique et attractive, qu’elle est froide et dangereuse, elle compose avec Artemisia le rôle parfait de la méchante que l’on adore détester.
Mais encore une fois, il y’a un mal pour un bien, Sullivan Stapleton, qui interprète ici Themistocles n’arrive pas à la cheville du reste de l’équipe d’acteurs. En effet le pauvre bougre possède le charisme d’un ver de terre bodybuildé, l’effet comique en moins. Il semble ici errer dans une bataille sans fin, sans réelle émotion, parmi des soldats dont il se fout éperdument, et lorsqu’il se lance dans un discours de guerre prétendument entraînant, il nous donne envie de fuir. Dommage pour le premier rôle.

Le casting est aidé par les superbes costumes (ou le manque de costumes pour la plupart de ses messieurs.. Miam !) d’Alexandra Byrne à qui l’on doit également ceux de Avengers, Thor et Elizabeth – L’Âge d’Or, qui lui valurent un oscar en 2008. Ici donc les grecs sont à moitié nus, ils ont une réputation à tenir, mais les perses eux, ont le droit à des vêtements drapés et des masques effrayants. Mais celle qui profite vraiment des costumes ici c’est Eva Green, encore elle, qui change de tenue à presque chacune de ses apparitions. Toujours en noir et doré, ces tenues dignes de grands créateurs parisiens et londoniens (on pense notamment à McQueen, Galliano et Gaultier), mettent en exergue la dangerosité et la sensualité du personnage d’Artemisia.

Enfin, à l’image de son prédécesseur, Noam Murro essaye de créer des images d’une beauté froide et violente, détachant le spectateur de ce qu’il voit vraiment, ne lui laissant nul autre choix que d’admirer les grandioses images qui défilent devant ses yeux. Mais n’est pas Snyder qui le veut, et cela ne fonctionne pas. Le film est pensé pour la 3D et lorsqu’il ne l’est pas les mouvements sont brouillons, parfois trop rapides, souvent trop lents. Les ralentis donnent aux scènes de combat un aspect répétitif assommant, et les trop nombreux éléments hémoglobineux traversant l’écran de part et d’autre nous donnent le mal de mer. La technique semble mal maîtrisée, les images manquent de netteté, le son est souvent trop fort, ce qui donne au film un aspect massif, alourdissant, qui donne envie de fermer les yeux.

En définitive, 300 : La Naissance d’un Empire, c’est un tas d’occasions manquées et de choix étranges. Malgré quelques personnages intéressants, et des points forts, le film est globalement décevant. A trop vouloir suivre les traces de son prédécesseur Noam Murro se perd dans un style qui n’est pas le sien et dont il ne semble pas pouvoir assumer tous les choix.
Le final offre une ouverture sur un troisième volet, qui nous l’espérons sera de meilleure qualité que celui-là. Pourvu qu’ils attendent quelques années avant de le sortir, il a fallu huit années pour comprendre et apprécier le premier, laissons-nous le temps de redécouvrir le second.

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Cette entrée a été publiée le 9 mars 2014 à 2 h 12 min. Elle est classée dans Cinéma et taguée , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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